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En quête d'Ethiopie.com

Blog pour faire découvrir l'Ethiopie, pays magnifique de l'Afrique, mais souvent méconnu par les voyageurs

Deux rituels particuliers de la Vallée de l'Omo, dans le sud de l'Ethiopie

1 - Combat traditionnel avec un bâton, le Donga, pratiqué par les ethnies Mursi et Suri :

Le combat de bâtons est appelé sagine et se déroule généralement après la saison des récoltes. Ces combats se déroulent  entre des combattants venant de villages différents sur un terrain dédié appelé gul, qui peut-être un champ ou le bord d’une rivière. Les combattants peuvent être désignés d'avance mais cela n’empêche pas qu'en cours de journée d'autres combats se déroulent, tant l'antagonisme ou la rivalité entre villages est importants. 

C’est un duel entre deux jeunes hommes célibataires de la même classe d’âge, qui correspond au groupe des guerriers, et qui leurs permet de montrer leur puissance, courage devant les membres de leurs villages rassemblés sur l’emplacement du combat, et pour les vainqueurs de conquérir le cœur d’une jeune femme.

L’arme utilisée est un bâton en bois de 2 mètres de long dont la pointe rappelle un phallus, appelé le donga, (pluriel dongen), qui pèse entre 700 et 800 grammes, et qui est coupé dans un arbre du genre grewia, le greuvier (nom local kalochi). C’est le bâton que possèdent tous les hommes chez les Mursi depuis l'âge de 16 ans. Les hommes mariés ne les portent qu’occasionnellement. Le duel est considéré comme une activité de jeunesse immature, que les hommes mariés tentent de contrôler à la fois en agissant comme arbitres et même en essayant d’empêcher les concours de se dérouler.

Les combats de bâtons sont des événements sociaux qui attirent un grand nombre de spectateurs de tous âges, se passant dans une atmosphère de carnaval ou de festival.

La règle principale régissant l’utilisation de cette arme, est qu’elle ne doit pas être dirigée vers un adversaire. Les coups doivent être donnés et reçus avec uniquement le bâton. Ainsi, en donnant un coup, le donga est maintenu fermement à sa base avec les deux mains, la main gauche au-dessus de la droite. Le succès ne dépend pas seulement, ou même principalement, de la force physique, mais de la capacité d’interpréter correctement la direction du coup de l’adversaire.

Toutefois, la survie des participants dépend également de leur habileté à se protéger des blessures, et pour cela ils portent également des vêtements de protection.
Il s’agit de se protéger  la tête, le cou, les épaules, les bras, les genoux et les tibias en utilisant de nos jours du tissus, mais auparavant cela pouvait être notamment de l’écorce d’arbres ou de la peau de léopard. Ces protections sont appelés tumoga.

Un arbitre (kwethani), se tient entre deux concurrents avant  le début du combat, séparant ceux-ci avec son bâton. Son travail est de contrôler les débuts et les fins des combats. Dès qu’il retire son bâton, les duellistes vont s’affronter avec une grande détermination.
Les combats durent entre 20 et 40 secondes et se terminent normalement par l’intervention de l’arbitre. Les passes d’armes sont donc courtes et acharnées.

Les combats commencent au lever du soleil et continuent toute la journée. Vers midi, les femmes viennent  avec du tilla (bouillis de sorgho) et le shalu (une bière locale fermentée faite d’eau et de farine de sorgho) qu’elles ont passé la matinée à préparer et qui vont être consommés par les participants et les spectateurs.
Les Mursi voient le duel de bâtons, et le labret d’argile que les femmes portent au niveau de la lèvre inférieure, comme deux éléments qui leurs permettent de se distinguer leurs voisins éleveurs.

C'est une pratique souvent dangereuse, qui peut même conduire à la mort d'un des participants, C'est pour cela que le gouvernement éthiopien l'a interdite en 1994, mais celle-ci continue quand même à se pratiquer de nos jours, y compris par les Suri ou Surma (chacun de ces termes est utilisé pour identifier un groupe de trois ethnies de la Vallée de l'Omo: les Chai, Timaga, et Suri Baale), ethnie proche des Mursi mais située à l'ouest de la rivière Omo. Les combats chez les Suri sont encore plus violents, et les combattants ne portent pas de protections.

Vous trouverez à la fin de la page un lien Vimeo vers une vidéo montrant un combat de bâtons appelé sagine où s’affrontent des combattants représentants deux villages rivaux de l’ethnie des Mursi vivant dans la vallée de l’Omo en Ethiopie (c’est un événement rare filmé en mars 2016 lors d’un circuit dans le sud de l’Ethiopie).

En un autre article de France Info sur le combat de bâtons, chez les Suri (Surma)

L'Ukuli Bula (prononcer Oukouli Boula), le rite de passage des hommes de l'ethnie Hamer :

En cours d'ecriture

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