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En quête d'Ethiopie.com

Blog pour faire découvrir l'Ethiopie, pays magnifique de l'Afrique, mais souvent méconnu par les voyageurs

Petit guide pour mieux comprendre le pays :

Ferenji et Habesha, étrangers ou locaux:

Quand un touriste vient en Ethiopie, les locaux vont l’interpeller avec le mot Ferenji.

Le terme apparaît sous diverses formes dans les langages à travers le monde. Dans certains cas comme en Ethiopie, il est amical, pour identifier ou interpeller une personne venant d’un autre pays. Dans d’autres régions du monde il a une connotation péjorative.

Ferenji est le nom donné par les éthiopiens aux étrangers à la peau blanche.

Les étrangers vont par contre souvent utilisés le terme Habesha pour identifier les éthiopiens. Les éthiopiens l’utilisent également pour s’identifier entre eux.

Exemple : quand on parle de tarif ou prix, il y a le tarif Ferenji et le tarif Habesha (qui bien sûr est inférieur)

L’origine du mot Ferenji :

À l'époque de la première croisade, les Byzantins nommaient les Occidentaux par le nom Francs car beaucoup de croisés étaient de langue française.

Les Francs furent un peuple germanique dont l’histoire remonte au 3e siècle de notre ère. Une partie d'entre eux va jouer un rôle central dans l'histoire de France.

Les Arabes musulmans vont utiliser une variante arabisée, Franj, pour désigner les peuples latins, dispersés dans les contrées de l’Europe, réunis par un lien commun, la sujétion à l’autorité spirituelle du pape.

L’origine du mot Franj remonte 11e et 12e siècles; il fut utilisé par les chroniqueurs musulmans à l’époque des croisades.

À l’époque des croisades, les chroniqueurs arabes modulèrent de nouvelles variantes arabisées du mot Franc, telles que les thèmes suivants: faranj, franj, faranjah, ou ifranj, ifranjah au pluriel; faranji, ifranji au masculin singulier; et faranjiyah, ifranjiyah au féminin singulier. Ces variantes désignaient les croisés, les Européens et leurs descendants au Levant (le Levant désignait traditionnellement en français les pays bordant la côte orientale de la mer Méditerranée : en premier lieu la Syrie, ainsi que le Liban ; mais la région du Levant inclut également la Palestine, Israël, la Jordanie, l'Anatolie et la Mésopotamie), eu égard à la présence dominante des Francs dans les croisades.

Plus tard le mot frangi sera utilisé dans ses mêmes pays du Levant pour designer les catholiques français qui y résidaient. Les turcs ont introduit le suffixe –çi au mot franj.

Les habitants du Levant ont adopté ce suffixe turc dans leur parler quotidien et ont ainsi crée la variante frangi. Celle-ci et le fait d’une combinaison d’une racine française arabisée, fran, et d’une suffixe turc –çi et qui se prononce comme dgi.

Le périple de ce mot arabisé ne se restreint pas aux États latins d’Orient ni au Levant contemporain, mais il traverse des déserts et des océans pour arriver en Afrique de l’Est, dont les habitants étaient en contact avec les Arabes de Zanzibar et de Mascate, situées sur la côte du golfe d’Oman. Ces pays adoptèrent la variante farangi, qui sera prononcée Ferenji en Ethiopie, venant ainsi enrichir le vocabulaire éthiopien. Il sera notamment le nom donné à la fin du 19e siècle aux français venus construire la voie de chemin de fer entre Addis Abeba et le port de Djibouti. Puis dans le courant du 20e siècle, il deviendra le mot pour désigner l’ensemble des étrangers de peau blanche, de plus en plus nombreux à venir découvrir ce grand pays de la Corne de l’Afrique.

L’origine du mot Habesha :

Depuis plusieurs millénaires, le mot Habesha et ses variantes (Habesh, Habeshim) ont été utilisés pour nommer les habitants de certains territoires de la péninsule sud-arabique à la Corne de l’Afrique.

Bien que le mot remonte à l’antiquité, il n’y a pas de consensus sur ce qu’il signifie réellement.

La plus ancienne inscription sur laquelle est gravé ce mot est une inscription sud-arabique (aujourd’hui le Yémen) datant du 2e ou 3e siècle de notre ère, racontant la défaite d’un Negus (roi) des Axoumites et ḤBŠT (la langue sabéenne ou sud-arabique n’avait pas de voyelles).

Selon le Dr. Eduard Glaser, un arabiste et archéologue autrichien renommé, les Habeshas étaient originaires du Yémen du Sud-est et vivaient à l’est du royaume d’Hadramaout dans le district moderne de Mahra. Il croyait que l’étymologie du mot Habesha devait dériver de la langue Mehri qui signifie cueilleurs d’encens. Il a affirmé que les Mahrites et leur langue devraient être considérés comme les descendants du peuple et le discours de l’ancienne Habeshas.

Dans l’histoire de l’Ethiopie, Habesha était également le nom d'un des peuples venus du Yémen en Éthiopie au 10e siècle avant la naissance du Christ et qui s'installa dans la région de Yeha au nord du pays.

En fait, la première mention du mot Habesha dans la Corne de l’Afrique date seulement du 4e siècle de notre ère sur une inscription du roi axoumite Ezana.

C’est une inscription trilingue (en grec ancien qui était la langue universelle pour le commerce, en langue sud-arabique et guèze la langue des axoumites) sur de la pierre racontant sa victoire sur les Bejas, dont le territoire se trouvait plus au nord entre l’Erythrée et le désert arabique de l’est de l’Egypte.

Après avoir conquis les royaumes et les territoires voisins des deux côtés de la Mer Rouge, Ezana s’est appelé :

"Ezana, roi d’Axoum, et du Himyar, du Kasu, de Saba, d’Habashat, et Raydan, et Salhen et Tsiamo, et du Beja, le roi des rois"

En référence à l’inscription d’Ezana, le professeur Max Muller, un philologue (Spécialiste de l'étude historique des textes) et orientaliste allemand, pensait que le territoire des royaumes axoumite et Habashat étaient différents. Il soulignait que puisque les deux territoires nommés avant et après Habashat se trouvaient en Arabie, celui des Habashat était aussi en Arabie.

D’après les inscriptions laissées par les axoumites, ils ne se considéraient peut-être pas eux-mêmes ni leur territoire comme Habesha.

Même Cosmas Indicopleustès, le célèbre voyageur grec qui a visité le royaume d’Axoum au 6e siècle, n’a fait aucune référence aux Habeshas dans ses écrits.

C’est en fait les voyageurs et géographes arabes, qui a partir du 9e siècle, ont commencé à décrire la région et les habitants de la Corne de l’Afrique comme Habeshas : Al-Habasha.

Les récits des voyageurs arabes montrent que le nom Habesha avait été adopté par certains des habitants de la région au milieu du 9e siècle.

Les premiers voyageurs européens vont alors également utiliser le mot Habesha pour décrire les habitants de la région.

Les portugais vont arriver en Ethiopie au 16e siècle, ceux-ci vont altérer le terme Habesha en Abyssinie, le pays des Abyssins, et ce n’est qu’au début du règne de Ménélik 2 que le pays va être appelé l’Ethiopie.

Historiquement, le terme Habesha représentait les chrétiens orthodoxes des hauts plateaux du nord de l’Éthiopie. Il était utilisé pour identifier les peuples de langue sémitique des hauts plateaux d’Ethiopie et de Érythrée, c’est-a-dire les tigréens et érythréens. On parle alors du peuple Habesha. Sous ce terme on inclut maintenant les Amharas, autre grande région chrétienne située au sud du Tigré.

La plupart des habitants des autres régions d’Ethiopie rattachées plus tard à l’empire, refusent d’être identifiés comme Habesha mais plutôt par le nom de leur peuple.

Les asiatiques et africains :

Qu'ils viennent de Chine, du Japon ou de Corée du Sud, tous les asiatiques sont assimilés aux chinois, le terme communément utilisé est China.

Les africains sont identifiés en fonction de leur pays d'origine.

Le calendrier et l'horaire ethiopien :

Le patrimoine culturel et naturel de l'Éthiopie :

Après l'Égypte, l'Éthiopie a le patrimoine le plus ancien et riche du continent africain.

l'Éthiopie compte 9 sites inscrits au patrimoine matériel mondial de l'UNESCO. Sur le continent, seul l'Afrique du Sud en compte plus avec 10 sites et le Maroc autant, avec 9 sites.

Huit sites culturels (le plus grand nombre du continent) :

  • Lalibela: les églises creusées dans la roche, inscrites le 8 septembre 1978. Les églises ont été creusées dans la roche volcanique entre le 12e et le 13e siècle lors du règne du roi Lalibela.
  • Gondar: l'enclos royal où se trouve le palais du roi Fasildas (Fasil Ghimb), l'église et palais de Qousquam, l'église de Saint Yohannes, l'église de Débré Birhan Sélassié, le bain de Fasildas, le hammam et poulailler de Fasildas, le palais de Guzara (60 km au sud de Gondar), le palais et église de Susenyos de la presqu'île de Gorgora, inscrits le 26 octobre 1979.  Impressionnants palais et églises construits entre le 17e et le 18e siècle par les rois de la dynastie Gondarienne.
  • Axoum: le monastère de Sainte Marie de Sion, les stèles et tombeaux axoumites, l'inscription d'Ezana, inscrits le 5 septembre 1980. La ville d'Axoum, capitale d'un grand empire, qui a prospéré du 1er au 7e siècle de notre ère. Les rois et nobles de la dynastie axoumite on été enterré dans des tombeaux qui avant l'avènement du christianisme était marqué par des stèles. Le monastère de Saint Marie de Sion est l’église mère d'Ethiopie fondée au 4e siècle.   
  • La basse vallée de l'Omo, inscrite le 5 septembre 1980. On y a découvert de nombreux fossiles dont l’Homme de Kibish, nom donné à deux crânes humains fossiles appartenant à l'espèce Homo Sapiens, découverts en 1967. Ils figurent parmi les plus anciens fossiles connus d’Homo Sapiens, avec une datation publiée en 2005 d'environ 195 000 ans avant le présent.
  • La basse vallée de l'Awash, inscrite le 5 septembre 1980. La vallée  fut notamment découverte Lucy le 24  novembre 1974.
  • Le site mégalithique de Tiya (87 km au sud d'Addis Abeba), inscrit le 5 septembre 1980. Cimetière médiéval avec 41 pierres dressées dont certaines sont décorées avec des épées et d'autres symboles.
  • L'ancienne ville fortifiée d'Harar Jugol, inscrite le 12 juillet 2006. Le Jugol est le nom donné à l'origine pour le mur d'enceinte de la ville qui abrite 82 mosquées et 102  sanctuaires musulmans. L'Ethiopie a célébré le millénaire de la ville en 2007.
  • Le paysage culturel du pays Konso, au sud du pays, inscrit le 27 juin 2011. 12 villages construits au sommet de collines, entourés de murs de pierre et de terrasses cultivées.

Un site naturel :

  • Le parc national du Simien, inscrit le 8 septembre 1978. Le parc fut créé en 1966 pour protéger le loup d'Ethiopie, le bouquetin d'Abyssinie, le singe Gélada, tous les trois mammifères endémiques au pays. Les paysages du parc sont parmi les plus beaux du continent africain.

De plus l'UNESCO a inscrit quatre de ses plus anciennes traditions festives et pratiques sociales au patrimoine immatériel de l'humanité :

  • La fête de Meskel, commémorant la découverte de la véritable Sainte-Croix du Christ, inscrite le 3 décembre 2013.
  • Le Fichee-Chambalaalla, festival du Nouvel An des Sidamas (peuple du sud de l'Ethiopie), inscrit le 2 décembre 2015.
  • Le Gada, système socio-politique démocratique autochtone du peuple Oromo (principale ethnie du pays), inscrit le 1er décembre 2016.
  • L'épiphanie éthiopienne, la fête de Timkat, commémorant le Baptême du Christ au Jourdain par Saint Jean Baptiste, inscrite le 12 décembre 2019.

L'Éthiopie abrite une faune et flore particulière. Le pays est considéré comme l’un des 6 pays africains les plus riches en biodiversité végétale.

L'UNESCO y a établi 5 réserves de biosphère :

  • La zone de Kafa, 2010 : place d'origine du café sauvage avec presque 5000 variétés différentes.
  • La forêt de Yayu, 2010 : forêt afromontane et tropicale riche en biodiversité végétale, oiseaux, sites archéologiques et rituels, grottes, chutes d'eau. 
  • La forêt de Sheka, 2012 : forêt afromontane riche en biodiversité animale et végétale avec fourrés de bambous creux.
  • Le lac Tana, 2015 : ce lac contient 50% de l'eau douce du pays et héberge une riche faune endémique de poissons.
  • La forêt de Majang, 2017 : forêt afromontane riche en biodiversité animale et végétale dont l'ensete ventricosum (le faux bananier ou bananier d'Abyssinie). Avec la pulpe venant du stipe (faux-tronc) on fait une galette fermentée appelée kocho qui est la nourriture de base pour de nombreuses ethnies du sud de l'Ethiopie. 

Pour en savoir plus :

http://www.unesco.org/new/en/natural-sciences/environment/ecological-sciences/biosphere-reserves/africa/ethiopia/

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