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En quête d'Ethiopie.com

Blog pour faire découvrir l'Ethiopie, pays magnifique de l'Afrique, mais souvent méconnu par les voyageurs

Le calendrier et l'horaire d'Ethiopie

Le saviez-vous : 

La particularité de l'Éthiopie est que son ancien calendrier de l'église orthodoxe est également son calendrier civil, toujours largement utilisé par la population mais également dans l’administration publique.

L’Ethiopie est passée au 3e millénaire le 12 septembre 2007 (année bissextile). Il y a donc 7 ans et 8 mois de différence entre le calendrier Éthiopien et le calendrier Grégorien.

Les dates importantes du calendrier chrétien :

Le calendrier de Jules César, le calendrier Julien :

A l'origine, le calendrier romain était lunaire comme les premiers calendriers et comptait les années à partir de la fondation de Rome en l'an 753 avant Jésus Christ, mais Jules César va décider de doter Rome d'un calendrier solaire. Celui-ci va être introduit le 1er janvier de l'an 45 avant la naissance du Christ. Il a une durée de 365 jours, divisés en 12 mois de 30 ou 31 jours avec l'ajout tous les 4 ans du 6jour bissextile. Il commence le 1er janvier.

Il restera une référence dans le monde chrétien même après la fin de l’empire.

Il faut un repère pour déterminer le début du calendrier :

Au début, on déterminait la date de la naissance du Christ en fonction de celle de la fondation de Rome, en l'an 753, ou selon l'ordre de règne des empereurs et consuls. Puis l'église décidera de le faire par rapport à la création du monde, plus précisément le temps passé entre la création d’Adam et le moment de l’Incarnation ou la naissance du Christ.

En l’an 221, suivant 4 calculs qui n'ont été suivis dans aucun pays, l'historien romain Jules l'Africain (Sextus Julius Africanus) va recalculer la période de la naissance du Christ par rapport à la création du monde. Il la situe à l'an du monde 5500. Le Christ est alors né en l'an 5001, car il n'y a pas d'année zéro dans le décompte de l'ère (l’église ne reconnait pas l’année zéro).

Ce calcul est accepté par les Alexandrins, l’église Copte d'Alexandrie fondée par Saint Marc l’évangéliste en l'an 42 de l’ère chrétienne.

Les anciens égyptiens possédaient déjà un calendrier lunaire datant de 4236 avant l'ère du Christ et qui comportait 365 jours. Auquel succédera au 3e millénaire le calendrier solaire de l'Égypte antique. Mais l’église Copte va décider d’introduire un nouveau calendrier en l’an 284 de l'ère Chrétienne sous le nom de l’ère de Dioclétien, l’empereur romain au moment où celui-ci va être introduit. L’Egypte était une province romaine depuis sa conquête par l’empereur Auguste en l’an 30.

L’ère Dioclétienne commence le 29 août 284 de l’ère Julienne, le premier jour de l’année copte. Alors que le début de règne de l’empereur Dioclétien est le 20 novembre 284 (calendrier grégorien). Ce jour a été choisi car il correspond au lever héliaque de l’étoile de Sirius (le moment où cette étoile devient visible à l'est, au-dessus de l'horizon terrestre à l'aube, après une période où elle était cachée sous l'horizon, ou bien était située juste au-dessus de l'horizon mais noyée par la luminosité du soleil) et au plus fort des grandes crues du Nil.

Le calendrier de 365 jours est divisé en 12  mois de 30 jours avec un 13e mois comprenant 5 jours épagomène (en grec ancien, un jour supplémentaire), et 6 jours lors d’une année bissextile. Celui-ci débute le 29 août de l’ère Julienne qui correspond au 20e siècle au 11 septembre du calendrier grégorien.

L’an 284 a été choisi car c’est année sans épacte (année la lune est nouvelle au premier de l’an).

Du point de vue astronomique, tous les 19 ans, la lune revient exactement au même endroit dans le ciel. A la fin du 3e siècle de Jésus Christ, l’évêque Anatole de Laodicée (Asie mineure, de nos jours la Turquie) va proposer l’utilisation du cycle de 19 ans découvert en l’an 432 avant le Christ par l’astronome Méton d’Athènes. Ce dernier a établi que pour un jour donné (le nouvel an) l’âge de la lune en jour que l’on appelle épacte se reproduira exactement au bout de 19 ans.

En l’an 303, les empereurs Dioclétien et Galère vont émettre leur premier décret de persécution des chrétiens. Les persécutions ordonnées par Dioclétien sont les plus importantes de l’ère chrétienne. Pour cette raison, les Coptes d’Alexandrie vont renommer l’ère Dioclétienne en ère des Martyrs.

En 325, le concile de Nicée (premier concile de l’ère Chrétienne) va fixer la date de Pâques, qui après la Nativité est la fête la plus importante du Christianisme. La fête de Pâques sera célébrée le premier dimanche après la pleine lune du printemps. La pleine lune du printemps est le 14e jour de la lune, 14jour qui suit l'équinoxe  printemps ou coïncide avec lui. Mais les méthodes de calcul étant différentes d’une église à l’autre, il faudra attendre le calendrier Grégorien pour une uniformisation de la date de la fête de Pâques dans une partie de la chrétienté. Le dimanche est le premier jour de la semaine liturgique et le jour de repos des chrétiens depuis le décret de Constantin le Grand du 3 juillet 321.

En l’an 400 de l’ère chrétienne le moine Anniane d’Alexandrie tente de raccrocher l’ère des martyrs à une chronologie universelle. Il va par des calculs approximatifs fixer la date de la création du monde et de l’Incarnation au 25 mars 5492: l’ère d’Annianus ou l’ère de l’Incarnation. Le 25 mars deviendra aussi le premier jour de l’année.

Puis en 451, ce sera le concile de Chalcédoine (4concile de l’ère chrétienne) où a été adoptée la doctrine des deux natures distinctes dans la personne unique du Christ. Cette doctrine est contestée par de nombreuses anciennes églises orientales dont l’église orthodoxe éthiopienne. L'église Orthodoxe Éthiopienne est une église des trois conciles, et antéchalcédonienne qui se rallient à la formulation de Cyrille d'Alexandrie (Patriarche d'Alexandrie 412 - 440) :  « une est la nature incarnée de Dieu le Verbe », ce qui veut dire que le Christ est une personne dans laquelle la nature humaine est unie à la nature divine. D’où le terme Tewahedo dans le nom de l'église. Ces divergences de doctrine vont entraîner une schisme entre l’église romaine et les églises orthodoxes orientales. L’église éthiopienne va alors se trouver isolée du monde chrétien.

Les 3 conciles : les premiers conciles chrétiens sont le 1er concile de Nicée en 325, le 1er concile de Constantinople en 381, le concile d'Éphèse en 431.

En 525 Denys le Petit (en référence a son humilité), abbé romain, répond à une commande du pape Jean Ier et portant sur le calcul de la date de Pâques (comput pascal). Reprenant notamment les travaux d’Anniane d’Alexandrie il va décider du 25 décembre de l'an 753 (Ab Urbe Condita, locution latine signifiant depuis la fondation de la ville, Rome) comme date de commencement de l'année et de l'ère Chrétienne, créant ainsi l'Anno Domini (AD, latin pour l’année du Seigneur), devenu la référence pour indiquer une date après la naissance du Christ. Ce qui fait commencer la première année de l'Anno Domini au 1er janvier 754 AUC. L’Anno Domini fut introduit en l’an 532 du calendrier Julien ou Grégorien, car le cycle pascal se renouvelle tous les 532 ans (19 cycles lunaires x 28 cycles solaires).

C'est le Pape Libère de Rome qui décida du 25 décembre 354 pour célébrer la naissance de Jésus Christ. Cette date du 25 décembre a une valeur symbolique. En effet, en s’inspirant de textes bibliques, Malachie 3/19 (prophète hébreux du 5e siècle avant le Christ) et Luc 1/78 (un des quatre évangélistes), on considérait la venue du Christ comme le lever du "Soleil de justice". La fête de Noël, fête du 25 décembre célèbre ainsi la naissance de Jésus soleil de justice. L'église a voulu christianiser une fête Romaine, le soleil invaincu (du latin Sol Invictus), instauré en l'an 274 de notre ère par l'empereur Aurélien pour célébrer le solstice d'hiver.

Il s'avère maintenant que Denis le Petit s'est trompé. Le Christ serait né entre l'an 7 et 5 avant notre ère, lors du règne d'Hérode le Grand mort en l'an 4 avant l'ère Chrétienne.

Finalement notre calendrier actuel, le calendrier Grégorien, fut adopté le 24 février 1582 par le pape Grégoire XIII pour unifier les différentes dates de la fête de pâques dans le monde chrétien et remplacer le calendrier julien. La France introduisit le calendrier Grégorien le 20 décembre 1582 (le changement a lieu le 9 décembre auquel on rajoute 10 jours). Le Saint-Siège l’appliqua le 1er janvier 1622 dans tous les pays et il s’imposa alors progressivement dans le monde. Le 1er janvier devient alors le jour officiel du commencement de l’année dans une partie de la chrétienté, remplaçant le 25 décembre ou 25 mars.

Le calendrier éthiopien :

Les origines :

Dès le début de sa fondation au 4e siècle, l’église éthiopienne a été influencée dans sa liturgie et rites par les autres églises chrétiennes, principalement l’église Copte d'Égypte.  L’église orthodoxe éthiopienne Tewahedo (unifiée en Guèze ou Geez, la langue liturgique de l’église éthiopienne) fut considérée comme un diocèse de l’église Copte jusqu’à quelle devienne autocéphale le 28 juin 1959 (indépendance ecclésiastique des Églises nationales orthodoxes, toute en étant en communion entre elles). Mais aussi par l’église Syriaque Orthodoxe. De nombreux moines syriens (notamment les Neufs Saints Syriens) ont trouvé refuge en Ethiopie dans les siècles qui vont suivre le concile de Chalcédoine.

Suivant le calcul de l’ère du monde de Jules l’Africain, l’église orthodoxe éthiopienne considère que l’Incarnation a eu lieu 5500 ans après la Création d’Adam. La 5501eme année est celle de la naissance du Christ.

Le calendrier Copte de l'ère des Martyres va être adopté et est toujours en usage par l’église orthodoxe éthiopienne.

Tout comme l’année du calendrier copte, l’année éthiopienne comprend 365 jours avec 12 mois de 30 jours et un 13e mois de 5 ou 6 jours épagomène (année bissextile, qui vient tous les 4 ans). C’est un calendrier solaire.

Le calendrier éthiopien ne débute pas en l'an 284 comme le calendrier Copte. Le calendrier Copte est 276 ans derrière le calendrier Éthiopien (2013 en Ethiopie correspond à l’année 1737 de l’église Copte d’Egypte).

L'année de l'église Romaine débute le 1er janvier tandis que le calendrier Éthiopien commence le 11 septembre du calendrier Grégorien tout comme le calendrier Copte dit de l’ère des Martyres. Le 11 septembre correspondant au 29 août 284 du calendrier Julien (le décalage en début de calendrier est de 13 jours au 20e siècle, il ne sera plus que de 5 jours en août). Il y a donc huit mois et 10 jours de différence entre le 1er janvier et le 11 septembre.

L’année 2013 du calendrier éthiopien correspond à l’année 2020 de notre calendrier, soit 7 ans de différence.

C’est pour cela qu’on dit 7 ans, huit mois et 10 jours d’écart.

En fait il y a 7 mois du 11 septembre au 31 décembre et 8 mois du 1er janvier au 10 septembre.

Mais d’où vient cet écart :

Il y a eu de nombreuses spéculations concernant l’écart de 7 ans et huit mois, mais la véritable raison serait la suivante :

En l’an 284 (1ere année de l’ère des Martyres) les Alexandrins avaient reformé le calcul de Jules l’Africain reculant de 7 ans la naissance du Christ (l’ère Mondaine d’Alexandrie), l’an 284 devint alors l’an 277 de Jésus Christ. En l’an 400, se référant au calendrier de l’ère des Martyres, Anniane d’Alexandrie place l’Incarnation au 25 mars 5492 (ère d’Annanius ou de l’Incarnation). Dans son calendrier l’église orthodoxe éthiopienne fait référence à l’ère de l’Incarnation et situe la date de l’Incarnation et de la naissance du Christ à l’an 9 Anno Domini soit huit ans après le calendrier Grégorien. C’est Denys le Petit qui changea la date de la naissance du Christ, qui auparavant était acceptée par tous les chrétiens. L’an 532, où sa reforme est introduite, marque le moment où la différence de 7 à 8 ans est apparu entre les deux calendriers.  

Les particularités du calendrier éthiopien :

Remarque : les termes éthiopiens sont en Guèze (Geez), la langue liturgique de l'église orthodoxe. Durant une année bissextile il faut rajouter un jour. Un accent aigu a été rajouté pour la prononciation en français.

1 - Le jour du passage au nouvel an éthiopien est appelé Enkutatash :
Ce terme aurait son origine dans la visite de la reine de Saba au roi Salomon au 10e siècle avant la naissance du Christ. Celle-ci aurait apporté au roi Salomon 4,5 tonnes d'or et d’autres présents somptueux. A son retour en Ethiopie la reine fut accueilli avec des fleurs et des bijoux qui lui auraient été offerts, et en chantant la phrase Enku-lé-tatash signifiant « le don de bijoux pour couvrir ses dépenses ».  Donc le terme Enkutatash dérive des mots Enku-lé-tatash provenant du Guèze, qui est une ancienne langue et de nos jours la langue liturgique de l’église chrétienne orthodoxe.

L’Ethiopie a célébré le passage à la nouvelle année le 11 septembre 2020, ce qui correspond dans son propre calendrier au 1er jour du premier mois, appelé Meskerem, de l’année 2013.
Tout comme en France, la célébration du nouvel an est importante. La veille, on brûle un fagot de bois (Chibo) en signe de protection contre les mauvais esprits. Traditionnellement les éthiopiens prennent un bain dans une rivière proche ou sous la pluie les jours précédents le nouvel an ainsi que le matin de celui-ci pour se purifier avant le passage à la nouvelle année. Le jour du nouvel an, dans chaque foyer, un animal va être sacrifié (poulet, mouton, chèvre) pour le repas rassemblant famille et amis. Des groupes de jeunes filles passent de maison en maison, chantant un chant traditionnel Abäbaye Hoy, recevant traditionnellement en échange un morceau de pain appelé Mulmul, et de nos jours des bonbons et une petite somme d’argent. 

Chibo, mot amharique signifiant un fagot de branches, représentant le retour des beaux jours après la grande saison des pluies. 

Abäbaye Hoy, signifiant en amharique j'ai vu les fleurs. La fleur étant des marguerite jaune, poussant au début du mois de septembre. Le nom amharique est Adey Abeba ( Adey: jeune, Abeba: fleur). Elle a huit pétales, fait partie du genre des bidents (bidens pachyloma), et est endémique aux hauts plateaux éthiopiens.

2 - Le premier jour de l’année, on célèbre St Jean Baptiste. Le point de départ du ministère du Christ lorsqu’il fut baptisé par St Jean-Baptiste au Jourdain.

3 - Chaque année du calendrier éthiopien correspond à un des 4 évangélistes. En 2013 (2020/21), c’est l’année de St Jean, qui vient juste après une année bissextile.

4 - Le calendrier éthiopien est, à l’origine un calendrier liturgique qui est la liste chronologique annuelle de toutes les fêtes religieuses. Deux calendriers se superposent :

Le temporal, calendrier des Temps, qui ordonne pour l'année toutes les fêtes de la vie du Christ, de sa conception (Annonciation) à son retour auprès du Père (Ascension). Dans ce calendrier alternent les Temps de pénitence (Avent et Carême), les Temps de joie (de Pâques à la Pentecôte), et le Temps ordinaire. Certaines fêtes ont des dates fixes, d’autres des dates qui varient comme la fête de Pâques.

Le Temps ordinaire, parfois appelé Temps de l'Église, est un temps liturgique représentant une fraction de l'année liturgique. Il s'agit de la période obtenue en retranchant les temps forts que sont l'Avent et le temps de Noël d'une part, le Carême et le temps de Pâques d'autre part.

La naissance du Christ (Géna ou Lidet) est célébrée le 7 janvier (29e jour du 4e mois du calendrier éthiopien) comme dans le monde orthodoxe. Le nouvel an commence le 11 septembre du calendrier Grégorien. Et la date de la fête de Pâques varie également, le dimanche 2 mai 2021 en Ethiopie et le 4 avril pour l’église catholique romaine.

Il y a notamment 9 fêtes majeures et 9 fêtes mineures dédiées au Christ et 33 fêtes mariales.

Les neufs fêtes majeures du Christ (dates du calendrier Grégorien) :

L'Annonciation le 7 avril : La fête de l'Annonciation, qui est celle de l'annonce faite à Marie par l'Archange Gabriel de la conception du Christ en elle

Noël (Géna, qui signifie imminent en Guèze) le 7 janvier  : la naissance du Christ. La fête de Noël à Lalibela est célèbre dans tous le pays et attirent des milliers de pèlerins. C'est également la saison du Ye Gena Shewata. 

Le jeu traditionnel Ye gena Chewata se joue durant la période du Noël éthiopien. C’est un sport qui ressemble au hockey, deux équipes d’adolescents et d’hommes plus âgés, s’affrontent sur de grandes surfaces telles que les places de marchés ou champs à proximité des villages. Il se pratique avec une balle et des bâtons en bois.

Le Baptême du Christ (Épiphanie; Timkat : mot guèze signifiant immersion dans l'eau, le Christ fut baptisé par immersion complète ) le 19 janvier : par Saint Jean Baptiste au Jourdain, vient dans l’année liturgique après l’Épiphanie, c’est pour cela qu’on dit aussi Épiphanie (Les 18,19 et 20 janvier, l’église célèbre avec faste le baptême du Christ au Jourdain. Fête inscrite le 12 décembre 2019 au patrimoine immatériel de l'UNESCO. Les lieux les plus connus pour voir cette fête sont Gondar, Lalibela et Axoum.

Le Dimanche des Rameaux (Hosanna) le 25 avril 2021 (fête mobile) : l’entrée du Christ sur un âne dans la ville de Jérusalem le samedi précédant la Semaine Sainte, où il fut accueilli avec des rameaux verts. Axoum est le lieu à privilégier pour participer à cette fête.

Le Vendredi Saint (Siklet) le 30 avril 2021 (fête mobile): le jour où le Christ fut crucifié et mourra sur la Croix.

Le Dimanche de Pâques (Fasika ou Tensae, résurrection) le 2 mai 2021 (fête mobile) : le jour de la résurrection du Christ.

L’Ascension (Ergat) : la montée de Jésus vers Dieu son Père, 40 jours après Pâques.

La Pentecôte (dérivant du grec : cinquantième jour) (Paraclitos) : la descente de l'Esprit Saint sur Marie et les apôtres, 50 jours après Pâques.

La Transfiguration (Débré Tabor ou Buhé) le 19 août: il s'agit d'un changement d'apparence corporelle de Jésus pendant quelques instants de sa vie terrestre, pour révéler sa nature divine à trois disciples.

Buhé: traditionnellement des enfants vont de maison en maison en chantant Hoya Hoyé et en échange on leur remet un morceau de pain, de l'argent ou des bonbons.La raison pour laquelle les garçons interprètent cette chanson, c’est pour représenter les jeunes bergers, qui ont joué au pied du mont de la Transfiguration, lors de la transfiguration du Christ. Buhé fait référence  à la pâte qui sert à faire le pain, appelé mulmul, qui est remis aux enfants. Ce pain symbolise celui que les parents préparèrent pour les petits bergers qui ne rentrèrent pas à la maison à la nuit tombée. Similaire à la célébration du nouvel an, on fait brûler un fagot de bois, Chibo, qui représente les torches utilisées par les parents pour rechercher leurs enfants.

Les fêtes mineures les plus significatives :

La circoncision du Christ (Gizret) : le huitième jour après sa naissance, le Christ fut circoncis selon la tradition juive.

Les Noces de Cana (Kana Ze Gelila), le 20 janvier juste après Timkat : Le Christ, sa mère et ses disciples se rendent à une noce il change de l'eau en vin. Il s'agit du premier miracle de Jésus ou plus exactement le premier des signes de Jésus, accompli au bénéfice de ses disciples « qui crurent en lui ».

Meskel (la Croix en Guèze): le 26-27 septembre de chaque année depuis 1600 ans, l’église célèbre la découverte de la Véritable Croix du Christ par la reine Hélène en mars de l’an 327 à Jérusalem. La célébration a lieu en septembre, la date où la reine entama ses recherches, car le mois de mars est inclus dans le Grand Carême qui est un moment de pénitence et prière.  Fête inscrite le 3 décembre 2013 au patrimoine immatériel de l'UNESCO.  Le 19 mars, il y a une autre petite célébration pour commémorer la découverte de la Croix.

Les fêtes annuelles de la Vierge Marie les plus importantes (dates du calendrier Grégorien) :

La Dormition ou la mort de Marie (Astereyo Mariam), le 30 janvier.

Kidane Mehret, le 23 février. Le pacte de miséricorde entre le Christ et la Vierge Marie. Dieu a promis à Marie de bénir ceux qui croient en son intercession et de sauver leurs âmes. Le pacte est censé lui avoir été donné lors de l'Ascension du Christ.

L’Annonciation (Besrate Gabriel), le 7 avril. L'annonce de sa maternité divine faite à la Vierge Marie par l'archange Gabriel.

La Nativité de Marie (Lideta Mariam) le 9 mai.

L’Assomption de la Vierge Marie (Filseta Mariam) du 7 au 21 août (15 jours de jeunes). La fête de l’assomption a lieu le 22.  Durant cette période a lieu le festival d'Ashenda.

Ashenda Mariam est un festival célébré dans le nord de l’Ethiopie (le Tigré, le Wollo du Nord en région Amhara), par des filles ou jeunes femmes chrétiennes orthodoxes. La fête commémore l’ascension céleste de la Vierge Marie après sa Dormition. Elle est généralement célébrée entre le 16 et le 26 août de chaque année. Sa durée varie de trois jours à un mois selon le lieu. Ashenda est le nom donné aux longues herbes que les jeunes femmes accrochent autour de la hanche. Ces dernieres, durant la période du festival, vont danser et aller de maison en maison ou on leur remettra un morceau de pain (mulmul), des bonbons ou de l'argent.   

Sa présentation au temple (Baeta Mariam) à l’âge de 3 ans pour la consacrer à Dieu, le 12 décembre. Elle va y rester 12 ans.

Le sanctoral, ou calendrier de la fête des saints qui sont célébrés chaque jour, avec pour référence un synaxaire (hagiographie des saints et martyres de l’église).

Les fêtes mensuelles des Saints les plus importants :

  • 1er jour du mois : Lideta Maryam, la naissance de la Vierge Marie.
  • 3e jour du mois : Baeta Maryam, l'entrée au temple juif de la Vierge Marie. La tradition nous apprend que, Anne et Joachim, les parents de Marie, la présentèrent au temple dès l’âge de trois ans pour la consacrer à Dieu.
  • 5e jour du mois : Abouna Gébré Menfus Kiddus (son nom signifie le serviteur du Saint Esprit), un saint venu d'Egypte, très vénéré en Ethiopie sous le nom d'Abo. Selon la légende il aurait vécu 562 ans, c'est pour cela qu'il est représenté avec une longue barbe et de longs poils. Il est le fondateur au 12e siècle du monastère de Zuquala en Ethiopie.
  • 7e jour du mois : la Sainte Trinité (Dieu, le Fils et le Saint Esprit).
  • 11e jour du mois : Saint Yared qui au 6e siècle a écrit les hymnes religieux de l’église éthiopienne.
  • 12e jour du mois : l'archange Michel. Deux célébrations annuelles des miracles de l'archange, le 19 juin et le 21 novembre (il aida Moise en écartant les eaux de la Mer Rouge, aidant ainsi le peuple d’Israël à échapper à l’armée du pharaon).
  • 14e jour du mois : Abouna Aragawi (Abouna mot d’origine araméenne signifiant notre père), un des neufs saints venus de Syrie entre le 5e et 6e siècle. N'adhérant pas aux dogmes du concile de Chalcédoine, et pour éviter d’être persécutés, ces moines ont trouvé refuge en Ethiopie. 
  • 16e jour du mois Kidane Mihret, le pacte de miséricorde entre le Christ et la Vierge Marie. Dieu a promis à Marie de bénir ceux qui croient en son intercession et de sauver leurs âmes. Le pacte est censé lui avoir été donné lors de l'Ascension du Christ.
  • 19e jour du mois : l'archange Gabriel. Deux célébrations annuelles importantes, le 26 juillet et le 28 décembre (voir ci dessous dans la partie sur les pèlerinages). 
  • 21e jour du mois : le jour dédié à la Vierge Marie, le jour de sa mort.
  • 23e jour du mois : St Georges le Martyr, saint patron de l'Ethiopie.
  • 24e jour du mois : Abouna Téklé Haimanot, important saint éthiopien (1215- 1313). Il fut notamment, Etchégé, la plus haute autorité monastique, second dans l'ordre hiérarchique après le patriarche (métropolite) venu d'Egypte. Selon son hagiographie il aurait prié 29 ans debout dans une grotte dont les sept dernières années sur une jambe (dans la grotte de Débré Asbo, monastère de Débré Libanos).
  • 27e jour du mois : Le jour de la commémoration de la crucifixion du Christ, le Sauveur du Monde (Medhane Alem). Une des fêtes les plus importantes, célébrée annuellement le 5 avril et le 6 novembre.
  • 29e jour du mois : le jour de la commémoration de la naissance du Christ (Bale Wold, la fête du Fils de Dieu).

5 - Quelques fêtes religieuses locales importantes :

Les fêtes annuelles des églises sont le seul moment, avec Timkat, ou l’on peut apercevoir les Tabots. Le Tabot est une tablette de bois ou pierre sans la présence de lequel une église ne peut être consacrée. Il y a souvent plusieurs Tabots dans une église et seul celui qui se trouve sur le dessus de l’autel et qui a donné son nom à l’église est prélevé. Le Tabot sort en début de matinée lors des célébrations annuelles.

Les 9 et 10 octobre (les 29e et 30e jours du premier mois du calendrier éthiopien, meskerem, pour les années bissextiles rajouter un jour de plus), la fête annuelle d’Abouna Garima près d’Adwa. Le monastère a été  fondé au 6e siècle par l’un des Neuf Saints venus de Syrie et de l’empire Byzantin.

Le 9 octobre, le Tabot quitte le monastère d’Abouna Garima, au milieu d’une magnifique procession très colorée rassemblant le clergé et des centaines de fidèles, pour se rendre à l’église de St Michel située à 7 km, pour y être abrité durant la nuit. Le lendemain, le 10 octobre, une nouvelle procession accompagnera le retour du Tabot au monastère.

La tradition veut qu’Abouna Garima fût averti du décès de l’un des neufs saints, Abba Pantaléon, par le vent. Il se rendit au monastère d’abba Pantaléon près d’Axoum pour constater la disparition de ce dernier.  Les autres Neuf Saints, qui été dispersés dans différentes régions, ont alors promis de se réunir chaque année le 30 du mois de meskerem (le 10 octobre) pour se souvenir d’Abba Pantaléon.

On peut apercevoir dans le musée, les évangéliaires de Garima, qui selon la tradition de l’église auraient étaient rédigés par Abouna Garima. Ce sont les deux manuscrits enluminés, qui sont parmi les plus anciens manuscrits des évangiles au monde.

Le 14 octobre (4e jour du second mois de l’année éthiopienne, tékemt), la célébration annuelle à l’église d’Abreha et Astbeha. Abreha et Astbeha sont deux frères axoumites qui sont connus également sous les noms d’Ezana et Saizana. Ils ont régné dans la première moitié du 4e siècle de notre ère et ont été alors convertis au christianisme par Saint Frumence (premier patriarche de l’église éthiopienne sous le nom d’Abba Salama). L’église aurait été fondée par les deux frères, et leurs dépouilles y seraient conservées.  

Le 24 octobre (14e jour du second mois de l’année éthiopienne, tékemt), la célébration annuelle d’Abouna Aragawi au monastère de Debré Damo. Un des plus anciens monastères d’Ethiopie, fondé au 6e siècle sur un plateau (amba en amharique) par l’un des neuf saints venus de Syrie et de l’empire Byzantin. On y accède avec une corde de cuire de 15 m. Chaque années de nombreux fidèles viennent participer à la fête. L’accès au monastère est interdit aux femmes.

Le 29 et 30 octobre (19e et 20e jour du second mois de l’année éthiopienne, tékemt), la célébration annuelle de l’église de Yemrehana Kristos près de Lalibela. Le prêtre roi Yemrehana Kristos régna au 12e siècle et fit construire une église dans une grotte située à 42 km au nord de la ville de Lalibela. Cette fête attire de nombreux fidèles venus de toute la région.

Le 23 février (le 16e jour du sixième mois du calendrier éthiopien, yékatit), la fête annuelle de Kidané Mehret, célébrée au monastère d’Ura Kidané Mehret sur la presqu’ile de Zeghé du Lac Tana. Kidané Mihret est le pacte de miséricorde entre le Christ et la Vierge Marie. Dieu a promis à Marie de bénir ceux qui croient en son intercession et de sauver leurs âmes. Le pacte est censé lui avoir été donné lors de l'Ascension du Christ. La célébration commence vers 9h00 du matin avec une procession venant du musée de l’église, puis lorsque le Tabot sort, la procession rassemblant les religieux et les fidèles va effectuer deux tours de l’édifice. Ensuite les chantres du monastère et une école du dimanche (jeunes éthiopiens suivant le catéchisme après l'office dominical) exécuteront des danses liturgiques, suivies de prières, prêches et sermons avant le retour du Tabot dans le saint des saints en fin de matinée.

Le dimanche des Rameaux à Axoum, Hossana (fête mobile). Les Rameaux sont célébrés partout en Ethiopie, mais la célébration est particulière à Axoum. La veille de la fête, on prépare un âne, symbolisant l’âne sur lequel le Christ est entré dans Jérusalem. Chaque année, celui-ci est préparé, en rotation, dans la maison de l’un des quatre prêtres qui selon la tradition seraient des descendants des juifs qui ont accompagné l’Arche de l'Alliance lorsqu’elle fut apportée en Ethiopie au 10e siècle avant la naissance du Christ. Ensuite se forme une procession qui rejoindra, sous un grand figuier, une autre procession venant du monastère de Sainte Marie de Sion. En avant de la procession des enfants crient Kyros Myros, mots d’origine hébraïques ou araméens signifiant gloire au roi, car le Christ fut accueilli comme un roi lors de son entrée solennelle et glorieuse dans la ville de Jérusalem.

Le lendemain, la commémoration se poursuit notamment par des danses liturgiques sur le parvis de la cathédrale de Sainte Marie de Sion.

Le 9 mai (le 1er jour du neuvième mois du calendrier éthiopien, ginbot), la commémoration annuelle de la naissance de Marie à Lalibela, avec les danses liturgiques des chantres en début de matinée, à l’entrée du premier groupe d’églises.

6 - Le calendrier éthiopien commence à partir de la création d’Adam. La période entre la création du monde et la naissance du Christ qui est de 5500 ans est appelée Améte Fida, Améte Kunénie ou Améte Adam (années de la Loi de la Conscience, années de l’Ancien Testament ou années d’Adam). A partir de la naissance du Christ il y a une période de 2500 ans (les années de Grâce) jusqu’au retour du Christ sur terre pour le Dernier Jugement (la Parousie). La durée totale du monde est alors de 8000 années et est appelée Améte Alem (en latin Anno Mundi). 

7 - L’église utilise également le calendrier d’Hénoch, patriarche biblique, qui élaborera un calendrier de 364 jours. Il est associé au livre d’Hénoch. L’église éthiopienne et l’église érythréenne sont les seules qui ont inscrite ce livre dans leur canon. Il est considéré apocryphe par l’église romaine qui l'a écarté des livres canoniques chrétiens en 364, lors du concile de Laodicée. 

 

8 - Dates des plus importants pèlerinages annuels :

Ces pèlerinages peuvent rassembler des centaines de milliers de pèlerins venant de toute l'Ethiopie.

  • Les pèlerinages à Kulubi GabrielLe 26 juillet et le 28 décembre (Ces dates correspondent au 19e jour du mois du calendrier éthiopien, jour de l’archange Gabriel), pèlerinages à Kulubi Gabriel (église dédiée St Gabriel dans le village de Kulubi, 60 km à l’ouest d’Harar).  Le 26 juillet on célèbre le miracle de l’archange qui sauva un enfant de 3 ans St Cyr et sa mère Ste Julitte qui furent jetés dans de l’eau bouillante car ils étaient chrétiens. Ces deux personnages ont été canonisés par l’église romaine et orthodoxe et ont été persécutés en l’an 304 à Tarse (de nos jours en Turquie). Le 28 décembre, la célébration du miracle il sauva 3 jeunes hébreux Ananias, Azarias et Misaël, qui furent jetés dans une fournaise (la fournaise de Babylone) lors du règne de Nabuchodonosor 2, pour avoir refusé de l’idolâtrer. 
  • Le pèlerinage de Gishen Mariam, le 1er octobre (21jour du mois, jour de la Vierge Marie). Cette date commémore la venue au mont Gishen (montagne au nord du pays, à l'est de la région Amhara) d'un fragment de la partie droite de la Croix sur laquelle le Christ fut crucifié. Le fragment fut offert au roi David Iᵉʳ (règne de 1382 - 1413) par le Patriarche d'Egypte, pour le remercier d'avoir levé une armée pour défendre les chrétiens Coptes menacés par le Calife. L’armée du roi éthiopien s’arrêta au Soudan, David Iᵉʳ mourra et c'est son fils Zara Yacob (règne de 1434 - 1468) qui rapporta la Croix en Ethiopie durant son règne. C'est le plus important pèlerinage chrétien orthodoxe du pays.
  • Le pèlerinage au mont Zuquala, le 15 octobre (5jour du mois, jour d'Abouna Gébré Menfus Kiddus). C'est la fête annuelle du Saint qui fonda un monastère sur le volcan éteint (alt: 2989 m) au 12e siècle. Il est très vénéré en Ethiopie il est aussi appelé Abo. Selon son Hagiographie il vécut 262 ans à prier sur le mont. Après sa mort au 15e siècle, 5 églises furent construites mais détruites en 1531 par les armées de l'Imam Ahmed ibn Ibrahim al Gazhi venu d'Harar et qui lança une guerre sainte contre les chrétiens. Au 19e siècle, une nouvelle église fut construite qui devint alors un lieu de pèlerinage.
  • Le festival Oromo d'irreecha. le dernier dimanche du mois de septembre ou premier dimanche du mois d'octobre. Il qui rassemble chaque année jusqu’à deux millions d'Oromo de toutes confessions. Les Oromos représentent la plus importante ethnie du pays.C’est un rituel d’action de grâce qui se tient après la saison des pluies, pour montrer sa gratitude au dieu des Oromos appelé Waaqa (signifiant en langue couchitique Oromo, le dieu du ciel), pour les récoltes et sa protection. La grande célébration annuelle est tenue à Hora Arsadi, un lac situé dans la ville de Bishoftu de l’État régional Oromo. Les femmes portent dans leurs mains une botte d’herbe,  expressions de célébration,  appelée Coqorsa et provenant des bords de rivières. C’est une herbe sacrée utilisée pour les rituels d’action de grâce. Irreecha en soi, signifie une  herbe verte et fraîche qui symbolise la fertilité et la vie florissante grâce à la bénédiction et à la direction du créateur, Waaqaa.
  • Le pèlerinage d'Hidar Sion Mariam, le 30 novembre à Axoum (21e  du mois, jour de la Vierge Marie)La commémoration de la venue de l’Arche de l’Alliance en Ethiopie et de ses miracles et de la construction de la première église dédiée à Sainte Marie à Axoum au 4e siècle. Selon l’église orthodoxe éthiopienne, c'est Menelik Iᵉʳ, fils de la reine de Saba et du roi Salomon, qui rapporta l'Arche de l'Alliance au 10e siècle (avant la naissance du Christ) après avoir passé 3 ans auprès de son père. 
  • Le pèlerinage lors de la période de Nl à Lalibela. Chaque année des dizaines de milliers de fidèles rejoignent la ville de Lalibela pour y célébrer la naissance du Christ dans une grande ferveur religieuse.         
  • Le pèlerinage des musulmans au sanctuaire Dire Cheikh Hussein (la plaine,en langue Oromo, de Cheikh Hussein)Nur Hussein Sheik Ibrahim al-Malakai était un musulman pieux (wali) né vers le 12e/13e siècle dans le massif du Balé (massif du sud-ouest du pays en région Oromo). Il y a des rapports contradictoires concernant la naissance de Sheikh Hussein. Certains disent qu’il est né en Arabie Saoudite. D’autres suggèrent que son grand-père, Sayyid Abdallah, a émigré d’Arabie saoudite avant le 12e siècle. La tradition orale dit qu’il fut le premier à islamiser la région du Balé. Il était soufi, une branche de l’islam sunnite (Le soufisme est la vision ésotérique et mystique de l'islam). Il était connu pour avoir réalisé de nombreux miracles  et prophétisé des événements futurs. Il était très vénéré durant en vie, et l’importance de son culte a grandi après sa mort. Deux fois par an, des dizaines de milliers musulmans, mais aussi animistes, et même chrétiens, venant d’Ethiopie, de Somalie, de Djibouti ou du Kenya, viennent vénérer l’homme saint. Un premier pèlerinage (en langue Oromo muudaa Sheek Huseenn, le pèlerinage du Sheikh Hussein) à lieu pour célébrer sa naissance et le second (muudaa hajjii) se tient au moment de l'Aïd Al-Adha, la fête du sacrifice, qui sont toutes les deux des fêtes mobiles. C’est un peu le pèlerinage des pauvres qui ne peuvent pas se rendre à la Mecque lors du Hajj. On peut y apercevoir les Garibatta (sing: Gariba), hommes d'origine Oromo, qui après avoir quitté leurs familles deviennent des pèlerins mystiques qui auraient des pouvoirs magiques. Ils ont un bâton fourchu et des vêtements avec des patchs. 

Le calendrier contient les périodes de jeûne à suivre par les chrétiens éthiopiens :

Petite histoire du jeûne des chrétiens :

Le jeûne est une purification du corps et de l’esprit. C'est un moment réservé à la pénitence et à la prière. Il y a une influence juive sur la pratique du jeûne par les chrétiens: Moïse resta 40 jours sans manger avant de recevoir les tablettes de la loi.

Au départ le jeune se limitait aux Vendredi et Samedi Saints, puis à un jeune de 6  jours avant Pâques. Le jeune a été fixé à 40 jours pendant le concile de Nicée en l’an 325. Il y a eu des variations dans le calcul des 40 jours et notamment celui-ci était prolongé par le jeûne pascal de 6 jours (la semaine sainte) dans l’église d’Antioche (en Syrie), les deux jeûnes étant séparés par 2 jours festifs : le samedi (mémorial de la résurrection de Lazare) et le dimanche des Rameaux. Il donne naissance au carême du latin quadragesima (dies) : le quarantième (jour avant Pâques).

 L’origine des 40 jours :                                                                           

  • Dans l’ancien testament, la durée de quarante jours commémore à la fois les quarante jours et quarante nuits du jeûne de Moïse avant la remise des Tables de la Loi.
  • Dans le nouveau testament, les quarante jours et quarante nuits sans manger ni boire du Christ dans le désert entre son baptême et le début de son ministère.

Le jeûne consiste depuis le 5e siècle à un seul repas par jour, le soir, sans viande, ni œuf, ni laitage, ni vin. Les lois alimentaires viennent du chapitre 11 du Lévitique (3e livre des cinq livres de la Torah).

Les règles du jeune en Ethiopie :                                                             

En Ethiopie, lors d’une période de jeûne, du vendredi au lundi on ne peut prendre qu’un seul repas, généralement après la messe qui a lieu de 12h00 à 15h00 (l’heure à laquelle le Christ est mort sur la croix). Par contre contrairement à l’église catholique les samedis et dimanches sont des jours de jeûne, ou on pourra manger qu’après la messe qui a lieu entre 06h00 et 09h00.

Si l’âge à partir duquel on peut jeûner dans l’église catholique romaine est de 18 ans, en Ethiopie c’est à partir de l’âge de 7 ans. Les femmes enceintes, les personnes malades ou très âgées sont exemptées.

En Ethiopie, il y a deux types de périodes de jeûne :        

  • Les périodes dont les dates varient d’années en années, ex. : le Grand Carême.
  • Les périodes dont les dates sont fixées, ex. : la naissance du Christ.

Il y a 7 périodes de jeûne en partant du début de l’année éthiopienne (le 11 septembre) :

Un jeûne qui n’est pas inclus dans les sept périodes : le jeune de Qousquam (dernier lieu d’Égypte par lequel est passé la famille du Christ) ou de la fuite en Égypte, Tségie Tsome (Tsegie: fleur en Guèze et Tsome le mot pour jeûne, car c'est la période de la floraison) qui dure 40 jours et qui est seulement obligatoire pour le clergé, les fidèles sont libres de le suivre ou pas. Du 6 octobre au 14 novembre du calendrier Grégorien. Le 15 novembre est le jour de célébration de Qousquam, qui a donné son nom au jeûne.

1 - Les mercredis et vendredis : c’est un mercredi que le Sanhédrin (la plus haute institution juive) a décidé de rejeter et condamner le Christ et un vendredi qu’il fut crucifié.

2 - Le jeûne de l’Avent ou des prophètes (Géna, mot guèze signifiant imminent) ou Nébiyat (Prophètes) Tsome) qui dure 43 jours et qui est suivi par le clergé et les fidèles. Du 25 novembre au 6 janvier du calendrier Grégorien (se termine avec le jeûne de la veille de Noël), à une date fixe. Il est appelé jeûne des Prophètes car la prophétie des 4 grands Prophètes (Isaïe, Ézéchiel, Daniel et Jérémie) concernant la venue du Christ s’est accomplie.

Pourquoi 43 jours : les 40 jours en référence au jeûne du Christ, puis trois jours rajoutés par l’église Copte d'Égypte. Au 10e siècle, le calife du Caire invite différents chefs religieux pour débattre en sa présence et demande au Patriarche Abraham de réaliser un miracle en déplaçant la montagne Mukattam. Le Patriarche demande 3 jours, durant lesquels le clergé va faire pénitence et prier. La Vierge Marie va apparaître et demander au Patriarche de faire venir d’un marché un artisan borgne appelé Simon le Tanneur. Simon va demander au Patriarche, au Calife et au peuple de le rejoindre sur la montagne et là il dit à Abraham de crier « Seigneur, aie pitié » trois fois en faisant le signe de la croix. Le patriarche suivi les consignes de Simon et, par trois fois, la montagne se souleva. C’est ainsi que trois jours ont été rajoutés au jeûne de l’Avent, par l’église Copte.   

3 - La veille (Gahad) de la fête de Timkat (fête du baptême du Christ), le 18 janvier, à une date fixe. C’est un jeune très suivi et strict.

4 - Le jeûne de Ninive (Niniwé Tsome), qui dure trois jours (lundi au mercredi), deux semaines avant le début du Grand Carême, la date varie car elle dépend du jour de commencent du Carême. C’est un jeune très suivi et strict.

Pourquoi trois jours : Dieu envoie Jonas à Ninive (située en Irak) pour demander aux habitants de la ville de lui obéir sinon la ville sera détruite au bout de 40 jours. Celui-ci désobéit et s’enfuit en bateau. A peine est-il embarqué que la tempête se déchaîne et qu’on le jette à l’eau. Il est avalé par un grand poisson. Après trois jours et trois nuits, en prière dans le ventre du monstre, Jonas  reçoit de Dieu l’ordre de retourner à Ninive. Jonas s’exécute et annonce la destruction de la ville. Les habitants de Ninive prennent  au sérieux cette parole et se convertissent. Voyant cela, Dieu renonce au châtiment et donne son pardon. Le roi de Ninive décréta alors de suivre un jeûne de trois jours faisant référence aux trois jours passés par Jonas dans le ventre du poisson. Pour commémorer le jeûne des Ninivites les églises de Syrie instituèrent un jeûne de trois jours, deux semaines avant le Carême.

5 - Le jeûne du Grand Carême (Abiye ou Hudadi Tsome), entre le mois de mars et celui d’avril. C’est un jeune très suivi et strict. Il commence le Lundi Pur (fait référence à l'abandon des attitudes pécheresses et des aliments non-carémiques) et comprend 55 jours en comptant la semaine d’Héraclius de 7 jours, les 40 jours et huit dimanches. Le Samedi Saint, les chrétiens éthiopiens ne peuvent ni boire ni manger. Certains le font également le Vendredi Saint. Après le Carême, il n’y a plus de jeûne jusqu'à la pentecôte (50 jours après Pâques).

Hudadi : terme trouvant son origine dans les travaux (labours) des fermes ou au profit d’un noble, car le jeûne est conçu comme un labeur spirituel.       

La semaine d’Héraclius : roi byzantin (610 – 641). Durant son règne la Vrai Croix du Christ fut volée par les Perses lors de la conquête de Jérusalem en 614. Après sa victoire sur ceux-ci à Ninive en 628, Héraclius va reprendre la Croix pour la ramener à Jérusalem en mars 629 ou 630. Il apprend que les juifs qui soutenaient les Perses ont détruits les églises chrétiennes dont le Saint Sépulcre et il va alors ordonner le massacre des milices juives. En signe de pénitence pour ce massacre, le Patriarche va alors décider d’inclure au Carême une semaine supplémentaire à suivre durant 70 ans. Ce jeune est également suivi par l’église Copte et l’église Orthodoxe Syrienne, expliquant qu’il le soit également en Ethiopie.

6 - Le jeûne des Apôtres (Hawariat Tsome), qui débute après la pentecôte et se termine le 12  juillet du calendrier Grégorien (jour où l’église célèbre St Paul et St Pierre). Sa durée est de 10 à 40 jours, car dépendant de la date de la fin du Carême. Selon la tradition les Apôtres ont observé un jeune de 40 jours après la descente de l’Esprit Saint et avant d’aller prêcher l’évangile.

7 - Le jeûne de l'Assomption (Filséta Tsome), du 7 au 21 août du calendrier Grégorien. La durée de 15 jours vient qu'après la Dormition (terme utilisé par l’église orthodoxe pour exprimer la mort de la Vierge Marie sans souffrance et dans un état de paix spirituelle), Marie monta au Paradis et les Apôtres vont jeûner une quinzaine de jours dans l'attente de la voir et de l'enterrer. C’est un jeûne très suivi et strict.

Au total, un membre de clergé, principalement les moines, jeûnent durant 250  jours et un fidèle durant 180 jours.

Les mois du calendrier éthiopien :

Mois

Nom éthiopien

Correspondance dans le calendrier grégorien

1

Meskérem

septembre/octobre

2

Tékemt

octobre/novembre

3

Hidar

novembre/décembre

4

Tahsas

décembre/janvier

5

Tir

janvier/février

6

Yekatit

février/mars

7

Meggabit

mars/avril

8

Miyazia

avril/mai

9

Ginbot

mai/juin

10

Séné

juin/juillet

11

Hamlé

juillet/août

12

Nahasé

août/septembre

13

Pagumé

du 6 septembre au 10 ou 11 septembre

La semaine éthiopienne :

Dimanche

Ehud

Lundi

Ségno

Mardi

Makségno

Mercredi

Rabue

Jeudi

Hamus

Vendredi

Arb

Samedi

Kédamé

L’année est divisée en 4 trimestres :

Du début du mois d’octobre au début du mois de janvier, ce trimestre est appelé Metsew ou Tséday (le printemps). C’est une saison sèche qui correspond au printemps, à la grande période des récoltes. Mais c’est en octobre/novembre la petite saison des pluies dans le sud du pays.

Du début du mois de janvier au début du mois d’avril, ce trimestre est appelé Béga. C’est également une saison sèche. Ça correspond à l’hiver car les températures sont au plus bas durant les nuits notamment en décembre et janvier. C’est traditionnellement la première saison des mariages pour les chrétiens orthodoxes (une fois les récoltes effectuées).

Du début du mois d’avril au début du mois de juillet, ce trimestre est appelé Belg. C’est la petite saison des pluies sur les hauts plateaux éthiopiens et la grande saison des pluies dans le sud du pays et ça correspond également à la seconde saison des récoltes (5 à 10 % des récoltes du pays). C’est traditionnellement la seconde saison des mariages.

Du début du mois de juillet au début du mois d’octobre, ce trimestre est appelé Kéremt. C’est la grande saison des pluies sur les hauts plateaux éthiopiens (la mousson africaine). La période des semences notamment du Téff (céréale qui sert pour la préparation de la galette appelée Injéra et qui est l’aliment de base de 66 % de la population éthiopienne).

Le premier calendrier fut liturgique mais devint dans le temps l'almanach officiel du pays, notamment les principales fêtes musulmanes sont célébrées et fériées en Ethiopie depuis le 17 janvier 1975 lorsqu'elles ont été reconnues et intégrées au calendrier par la junte militaire dirigée par Mengistu Hailé Mariam. Ces trois fêtes mobiles sont:

  • L'Aïd al-Fitr (fête de la rupture, à la fin du Ramadan).
  • L'Aïd al-Adha (fête du sacrifice, marque chaque année la fin du Hajj, le pèlerinage à la Mecque).
  • Le Mawlid (commémoration de la naissance de Mahomet).

Autres jours fériés en 2021 :

- 7 janvier : le jour du Noël orthodoxe.

- 19 janvier : la fête de Timkat.

- 2 mars : le jour où l'armée éthiopienne menée par Ménélik 2 a vaincu les italiens à Adwa dans la région du Tigré. Les Italiens venaient de leur colonie d'Érythrée et voulaient conquérir l'Éthiopie.

- 30 avril : le Vendredi Saint (fête mobile).

- 1 mai : la fête du travail.

- 5 Mai : le jour des Patriotes. Ce jour commémore le retour d'Hailé Sélassié à Addis Abeba et sur le trône, mais aussi les résistants éthiopiens qui ont combattu les italiens qui ont occupé le pays de 1936 à 1941.

- 28 mai : la défaite de la dictature militaire de Mengistu Hailé Mariam, au pouvoir de 1974 à 1991. 

- 11 septembre : le Nouvel An éthiopien.

L'horaire éthiopien :

L’horaire éthiopien est toujours utilisé par la population et l’administration du pays. Les grandes organisations internationales, ambassades installées dans le pays, et la compagnie aérienne Ethiopian Airlines utilisent l’horaire international.

Un jour est divisé entre douze heures de jour et douze heures de nuit.

En Ethiopie la journée commence au lever du jour. C'est-à-dire entre 6h00 et 7h00 du matin. C’est alors la première heure de la journée.

La nuit commence entre 18h00 et 19h00. La première heure de la nuit.

L’horloge journalière éthiopienne accuse un retard de six heures par rapport à l’heure européenne.

Ex : la sixième heure de la journée correspondant à 12h00 (midi) ou la sixième heure de la nuit correspond à minuit

Il y a également des termes pour définir le moment de la journée ou de la nuit.

  • Matin : t'äwat
  • Midi : msa säaat (l’heure du repas de midi)
  • Après-midi : käsäaat
  • Fin d’après-midi : käsäaat bähwala
  • Le soir : mata
  • Après minuit : lelit

C’est important de le savoir, car les éthiopiens associent l’heure et le moment de la journée, notamment pour se donner rendez-vous.

Ex : si vous avez un vol domestique à 7h00 le matin ou 7:00 AM (heure européenne et horaire standard d’Ethiopian Airlines) et vous voulez fixer l’horaire de rendez-vous avec un chauffeur de taxi pour venir vous chercher à votre hôtel à 5h00. Il faudra lui dire 11h00 lelit (onzième heure de la nuit, le moment : après minuit).

Pour demander l’heure éthiopienne ou européenne :

En langue amharique (langue officielle du pays): Be habesha/ferenji akotater no? Est-ce l’heure des éthiopiens ou des étrangers?

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