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En quête d'Ethiopie.com

Blog pour faire découvrir l'Ethiopie, pays magnifique de l'Afrique, mais souvent méconnu par les voyageurs

La fête religieuse de Timkat

La fête de Timkat :

Timkat est la fête chrétienne la plus importante d’Ethiopie qui est célébrée chaque année durant trois jours dans toute l’Ethiopie par l’église orthodoxe éthiopienne. Elle commémore avec faste le Baptême du Christ par St Jean Baptiste au Jourdain, et se déroule les 18,19 et 20 janvier d’une année normale (il faut rajouter un jour lors d’une année bissextile).

La commémoration du baptême de Jésus Christ telle qu'elle est pratiquée en Éthiopie est un rite célébré uniquement par les églises orthodoxes d'Éthiopie et d'Érythrée.

Pour cette raison, elle a été inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO le 12 décembre 2019.

Remarque : des accents ont été rajoutés pour franciser les mots guèzes ou amhariques. Timkat peut être orthographié de différentes manières : Temqet, Timqet, Timqat. Il n'y a pas de romanisation standard de l'amharique, la graphie employée varie sensiblement selon les ouvrages et les langues. C’est pour cette raison que les mots, noms sont orthographiés différemment d’un texte à l’autre

Le guèze est la langue liturgique des églises orthodoxes d'Éthiopie et d'Érythrée.

L'amharique est la langue officielle en Éthiopie.

L’origine du mot Timkat :

Timkat signifie baptême par immersion dans l’eau, en référence au Baptême du Christ mais aussi parce que le moment fort de la fin de la célébration réside dans l’immersion des fidèles dans la rivière ou bassin bénie par les prêtres, ou le plus souvent par l’aspersion de cette eau consacrée.

Selon l’interprétation de l’Église orthodoxe éthiopienne, le terme Timkat est tiré du mot Guèze Asterio, qui signifie révéler ou manifester. C’est la traduction du mot grec Épiphanie. Cette signification est associée à la révélation de la Sainte trinité (l’unité de Dieu le Père, le fils et le Saint Esprit) lors du baptême du Christ.

L'Épiphanie célèbre trois manifestations divines : la manifestation aux rois mages, celle sur les rivages du Jourdain par le Baptême du Christ et celle des noces de Cana. Ces trois moments de la vie du Christ sont célébrés liturgiquement (et dans cet ordre) dans le calendrier de l’église après le Noël éthiopien (le 7 janvier) jusqu’au jeûne de Ninive qui précède de deux semaine le Grand Carême (voir l’article sur le calendrier éthiopien en fin de page). C’est pour cela qu’on appelle la fête Timkat ou Epiphanie éthiopienne.

Historique de la fête :       

Selon la première:la fête a commencé à être célébrée depuis le règne de l’empereur axoumite Gébre Meskel, dans la première moitié du 6e siècle de notre ère.Pendant cette période, la célébration était limitée et se déroulait à l’intérieur du mur d’enceinte des églises avec l’accompagnement des Tabots.

Puis au 12e siècle, le roi Lalibela proclama que cette fête ne devait pas être célébrée de manière dispersée ou décentralisée, mais que tous les Tabots des églises des environs devraient rejoindreensemble une rivière ou un réservoir d’eau. Même à cette époque, Timkat n’était que l’affaire d’un jour, les Tabots sortaient des églises tôt le matin pour la bénédiction des eaux, pour y être replacés dans l’après-midi.

C’est sous le règne du roi Yekuno Amlak (1270-1285), que le moine Teklé Haimanot (1215-1313, alors la plus haute autorité monastique de l’église) va ordonner à chaque église du pays de célébrer le baptême du Christ en sortant les Tabots des églises la veille de Timkat, laissant ceux-ci toute la nuit à l’abri près d’une rivière ou d’un réservoir d’eau. La célébration se poursuivant dans la nuit par des chants et des prières. Les Tabots retournant le lendemain dans les églises. 

Deux siècles plus tard, à l’époque du roi Zara Yacob (1434-1468), il a été décidé que le retour des Tabots devait se faire dans une autre direction que celle qui a permis de rejoindre la rivière ou le réservoir.

La raison de cette pratique prend sa source dans la visite des rois mages. Ceux-ci à la recherche du lieu où Jésus était né, sont tout d’abord passés par Jérusalem où ils ont rencontrés Hérode le Grand. Il était un tyran cruel rêvant de se faire reconnaître par le peuple juif comme le Messie et considérait la venue du Christ comme un concurrent qui pourrait déstabiliser son règne et était déterminé à le persécuter. Hérode demanda aux rois mages de lui indiquer l’endroit où le Christ était né, en prétendant qu’il voulait présenter des dons spéciaux. Comprenant son véritable désir, les rois mages quittèrent Jérusalem en prenant une autre direction que celle de Bethléem. Ainsi, en souvenir de cet événement, l’église déclara que le retour de chaque Tabot dans leur église respective, devrait se faire dans une direction différente de celle de leur sortie. 

De nos jours, la plupart des processions de Tabots utilisent le même itinéraire pour l'aller et le retour.

Puis c’est lors de son règne, que le roi Naod (1494-1508) a ordonné que les Tabots soient escortés par les fidèles dans des processions colorées.

Le déroulement de la célébration :

La fête commence le 18 janvier (le 10e jour du 4e mois appelé Tir du calendrier éthiopien). La veille de Timkat est connue sous deux noms : Gahad et Kétéra.

Gahad, les veilles du Noel éthiopien et de Timkat sont des jours de jeûne à observer strictement par les chrétiens éthiopiens. Selon certains, Les veilles (Gahad) sont pratiquées lorsque la célébration de ces deux fêtes tombent un mercredi ou un vendredi pour compenser ces deux jours qui font traditionnellement partis des périodes de jeûne en Ethiopie. Selon cette interprétation, Gahad est donné comme un sens de substitution du jeûne (car il remplace les jours de jeûne du mercredi et du vendredi, ce qui signifie que les chrétiens éthiopiens pourront manger sans restrictions ces deux jours, car le jour de Timkat est un moment très festif). D’autre part, le dogme de l’Église stipule que le jour de jeûne Gahad doit être toujours pratiqué à la veille des deux fêtes.

Il y a une exception, si la fête de Timkat tombe le dimanche, la veille a lieu le samedi, mais ce sera également le cas si la fête est le lundi. Car le dimanche est le grand jour de repos du chrétien et l’église ne souhaite pas imposer un jeune strict ce jour là. Le samedi, la messe a lieu le matin, il est possible de prendre un repas après l’office en respectant les interdits alimentaires. Mais les prêtres et les chrétiens les plus dévots s’abstiendront de manger ou boire jusqu’en fin d’après-midi, quand les Tabots auront été placés dans des tentes montées pour la circonstance.

Kétéra, dérive du mot amharique Kétèré qui signifie créer un barrage. Il est habituel de faire un barrage à certains endroits où il n’y a pas de rivière ou de réservoir pour la célébration de Timkat. L’endroit est appelé en guèze ou amharique Timkat Bahir (le réservoir, bassin, baptistère de Timkat ; Bahir est le mot Guèze ou amharique pour la mer ou une grande étendue d’eau). La retenue d’eau représente le Jourdain.

L’Église enseigne que Christ a choisi le Jourdain pour sa valeur symbolique.  De sa source, la rivière se divise et l’eau coule dans deux directions et se rejoint après plusieurs kilomètres. Selon l’interprétation de l’Église orthodoxe éthiopienne, la source du Jourdain symbolise Adam, la première personne créée par Dieu et devenue la source des premiers êtres humains. La division de la rivière en deux représente la division des êtres humains en croyants et en non-croyants. La convergence du Jourdain séparé signifie le rassemblement de tous par le baptême.

Lors des grandes célébrations religieuses, il y a toujours un office de vigile (littéralement veillée), appelé en guèze Wazema qui en raison du jour de jeûne aura lieu le 18 matin et sera suivi d’une messe entre 12h00 et 15h00. Pendant plusieurs heures les prêtres et  dabtaras (chantres de l’église, reconnaissables à leur cape noire et au bâton de prière et sistres dans leurs mains) louent Dieu en priant, et avec des chants sacrés (voir l'article consacré aux danses liturgiques en fin de page).

Ensuite dans chaque église le Tabot sera prélevé du saint des saints où il est précieusement conservé.

Le Tabot, une tablette de bois ou de pierre, est l’objet le plus précieux de l’église et sans lequel celle-ci ne peut être consacrée. Il symbolise les tablettes de la loi remise à Moise par Dieu au Mont Sinai et est placé sur un autel appelé Manbara Tabot qui se trouve au centre du saint des saints. Ce Manbara Tabot représente l’Arche d’Alliance qui contient les tablettes de la loi, qui est conservé dans une chapelle d’Axoum. Il y a souvent plusieurs Tabots dans une église et seul celui qui se trouve sur le dessus de l’autel et qui a donné son nom à l’église est prélevé.

Un prêtre portant sur sa tête un Tabot

Une fois l’office terminé, généralement vers 15h00 (vers 12h00 à Gondar), l’un des prêtres principaux de l’église va venir placer sur sa tête le Tabot qui pour être préservé de la vue des fidèles est recouvert d’un tissus précieux. Seuls les membres du clergé ont le droit d’entrer dans le saint des saints appelé en guèze Maqdas.

Au départ de chaque église une procession composée tout d’abord par le clergé, puis par la foule des croyants, va alors se former pour rejoindre un lieu où les Tabots seront déposés pour la nuit. La procession symbolise le chemin parcouru par le Christ depuis la Galilée pour se rendre au Jourdain. En avant de la procession il y a des adolescents et jeunes hommes chantant avec des bâtons, en faisant des allers-retours. Suivis d’une école du dimanche (ensemble de jeunes garçons et filles qui suivent le catéchisme et apprennent des chants religieux après l’office dominical) revêtus d’un vêtement coloré et qui précédent le cortège des religieux en interprétant des chants spirituels appelés shebsheba ou Timkat mezmur (chants religieux pour Timkat). Ils évoluent au rythme des tambours et des sistres. Protégés par des ombrelles colorées, les prêtres et diacres habillés de leurs vêtements de célébrants, encadrent les Tabots, portant sur leur tête des couronnes et à la main des croix de procession, objets provenant des salles contenant les vêtements, les objets ecclésiastiques et autres trésors des églises. Les processions accompagnant les Tabots de différentes églises se rejoignent sur un trajet traditionnel défini à l’avance (des fanions aux couleurs du drapeau éthiopien marquent l’itinéraire).

En fin d’après-midi, la procession se termine en arrivant à l’endroit ou les Tabots vont être déposés dans des tentes à l’abri des regards (à Gondar, c’est dans un ancien palais datant de l’époque gondarienne). La soirée commence par une bénédiction de la plus haute autorité présente, qui peut-être un évêque.

Procession à Lalibela

De nombreux éthiopiens vont y rester toute la nuit célébrant dans la joie, en chantant et dansant, ces Tabots qui ne sortent des églises que deux fois dans l'année, pour Timkat et les fête annuelles de celles-ci (certaines églises ont deux fêtes annuelles).

Le 19 janvier, (le 11e jour du 4e mois appelé Tir du calendrier éthiopien) le jour de la fête. La célébration commence après minuit, car le Christ fut baptisé à l’heure de minuit.

Toute la nuit il y a des prières, lectures et sermons concernant le baptême du Christ, et les prêtres et chantres de l’église continuent à louer Dieu au travers de chants et danses sacrés, appelés aqwaqwam (voir l'article sur les danses liturgiques en fin de page). Cet office est appelé mahlet est a lieu seulement lors des fêtes annuelles ou mensuelles.

On peut observer des baptêmes d’enfants en fin de nuit.

Au lever du jour près du baptistère préparé pour l’occasion, la célébration commence par les prières matinales (Kidan), la liturgie divine ou office de la messe chez les orthodoxes (Kedassie) suivies des passages de l’histoire du baptême de Jésus-Christ récités à partir des quatre évangiles et en direction des quatre points cardinaux. Les dabtaras vont également exécutés des danses liturgiques.

Les dabtaras (chantres de l’église) exécutant des danses liturgiques lors de la fête de Timkat à Lalibela.

La cérémonie se termine par la bénédiction des eaux. La plus haute autorité religieuse trempe une croix de procession pour bénir l’eau.

Trois bougies posées sur un flotteur, en bois ou bouse de vache, sont mises sur l’eau. Elles symbolisent la Sainte Trinité. La lumière des bougies est utilisée pour rappeler la révélation de l’union de la Sainte Trinité (après le baptême du Christ, les trois personnes de la Sainte Trinité, le Père,le  Fils et le Saint-Esprit ont été révélées distinctement). Le flotteur représente l'arche de Noé. Elles peuvent être au nombre de quatre pour représenter les quatre évangélistes.

La bénédiction de l’eau est attendue avec jubilation et grande excitation par la foule. Les diacres vont alors asperger les fidèles présents. Les jeunes gens vont venir se jeter dans le bassin si celui-ci est suffisamment large, afin de symboliquement renouveler les vœux de baptême. D’autres remplissent les récipients d’eau bénite pour les personnes trop âgées ou infirmes, ou pour les ramener à la maison. Celles-ci sont souvent placées proche de l’entrée principale à l’extérieur des maisons comme protection contre les mauvais esprits.

La bénédiction des eaux à Lalibela

Le Fétha Nagast (le livre de la Loi des Rois, Fétha: loi et Nagast: rois) donne trois options pour commémorer Timkat en fonction de la disponibilité de l’eau. La première est d’immerger son corps trois fois dans l’eau si la retenue d’eau est assez grande pour le faire. La seconde option est de recueillir l’eau avec trois tuyaux de trois directions (le chiffre trois est symbolique dans l’église orthodoxe éthiopienne, notamment les trois personnes de la Trinité) pour la verser sur les fidèles. La troisième option est d’asperger la congrégation avec l’eau bénie.

Le Fétha Nagast est le code juridique de l’église, et était également avant l’introduction du premier code pénal et civil au 20e siècle, celui de la royauté.

Il est admis que le Fétha Nagast provient d’une compilation de textes légaux byzantins rédigée en arabe à partir du texte grec original pour l’usage de l’Église copte égyptienne, par un juriste égyptien chrétien du 13e siècle appelé Abul Fada 'il Ibn al-'Assal. La tradition éthiopienne retrace les origines de la Fétha Nagast au Concile de Nicée de l’an 325. La date à laquelle il fut traduit en guèze n’est pas connue mais il fut rapporté d’Egypte à la demande du roi Zara Yacob (1434-1468) qui était à la recherche d’une base écrite pour l’élaboration d’une loi à partir de laquelle gouverner.

C’est une grande fête pour tous les fidèles de l’église orthodoxe éthiopienne, où ils se purifient avec l’eau bénite à l’imitation du baptême du Christ et sont pardonnés de leurs péchés.

Juste après 10h00 du matin (entre 8h00 et 9h00 à Gondar), une procession, encore plus colorée et festive que la veille avec une variété de chants traditionnels et religieux, entame son chemin retour. Les prêtres et chantres portent des vêtements de cérémonie de brocart étonnants, et chantent et dansent au rythme des tambours et des sistres, faisant des pauses à des endroits importants (c'est le cas à Lalibela).

Sur l’itinéraire, les Tabots se séparent pour rejoindre leurs églises respectives. Chaque Tabot est remis sur son autel en fin d’après-midi, après avoir fait un tour extérieur de l’église. Des cérémonies rituelles se poursuivent jusqu’au coucher du soleil dans chaque enceinte de l’Église, même après l’entrée du Tabot.

Après la fête religieuse, la journée qui est fériée se poursuivra notamment autour d'un repas en famille ou entre amis, les gens sont habillés de leurs plus beaux vêtements. Ils vont  partager des plats d’injera (galettes de teff, une céréale originaire d’Ethiopie) sur laquelle on vient mettre différents aliments généralement épicés dont de la viande (souvent le plat régional qui est du poulet en ragoût épicé appelé doro wot), en buvant une bière locale légèrement alcoolisée à base de petit mil ou d’orge appelée tella ou talla.

Timkat est également connue comme une occasion qui favorise les rencontres entre jeunes hommes et filles. Dans les campagnes, les jeunes filles ont notamment les paumes des mains colorées avec l’aide d’une plante à tubercule appelé balsamine (impatiens tinctoria, nom local insosila) qui une fois bouillie et serrée dans les mains donne une couleur orange foncée. Un jeune homme choisi une jeune fille en lui lançant un citron et si elle le prend, cela indique son intérêt pour lui.

Le lendemain, c’est la fête mensuelle de l’archange Michel. Partout en Ethiopie, les Tabots dédiés à Saint Michel vont passer une nuit supplémentaire au niveau du baptistère.

Le troisième jour, le 20 janvier (le 12e jour du 4e mois appelé Tir du calendrier éthiopien). Chaque 12e jour du mois on célèbre l’archange Saint Michel mais en ce jour sa fête est associée au premier miracle de Jésus, les Noces de Cana (Kana Ze Gelila).

La commémoration des Noces de Cana est observée le 20 janvier de chaque année (Tir 12 du calendrier éthiopien) et célèbre un événement biblique survenu le 2 mars (Yékatit 23 du calendrier éthiopien). Cette fête commémore le premier des signes (par un miracle) de Jésus, accompli au bénéfice de ses disciples qui crurent en lui, quand il a changé de l’eau en vin lors d’un mariage à un endroit appelé Cana en Galilée (avec lequel la fête est nommée). L’église éthiopienne a reporté la date de la célébration au 12e jour du mois éthiopien appelé Tir pour deux raisons. En premier lieu, le 23e jour du mois appelé Yékatit tombe parfois durant le Grand Carême (qui est une période de jeûne mobile). La deuxième raison est que le miracle du Christ est réalisé avec de l’eau, il a donc été décidé de le célébrer avec un autre festival commémoré avec de l’eau, Timkat.

Donc après avoir passé une nuit supplémentaire près du baptistère, il y a aura de nouveau une procession (toujours après 10h00 du matin) pour ramener les Tabots de Saint Michel dans leurs églises respectives.

Ce n’est pas un jour férié officiel mais beaucoup de gens décident de participer à la célébration car l’archange Saint Michel est très vénéré en Ethiopie par les fidèles de l’église orthodoxe. La fête se termine généralement en milieu d’après-midi après que les Tabots ont été replacés dans les saints des saints des églises.

Deux jeux sont pratiqués durant la période de Timkat :

Ye gena shewata : ce jeu se pratique également lors du Noël éthiopien dont il tire son nom gena, shewata mot amharique signifiant un jeu.

Deux équipes constituées de 7 à 10 garçons ou jeunes adultes s’affrontent sur un grand espace entre villages dont la longueur n’excède pas 1 kilomètre et demi et la largeur ne représente pas plus de la moitié de la longueur, aux deux extrémités de l’espace plat se trouvent les deux buts, appelés alliwoch (alli au singulier), les limites des buts peuvent être des arbres, un terrain surélevé, ou creux. Le jeu est un peu similaire au hockey sur gazon. On y joue avec une crosse en bois, appelé également gena et une balle en bois ou en cuire.  Le but est de prendre la balle à son adversaire et de marquer un but. Il est joué à Noël pour célébrer la naissance du Christ et pour commémorer le jeu que pratiquaient des bergers lorsque celui-ci fut né. Une autre origine de ce jeu dit que les rois mages auraient décapité un homme qui ne croyait pas en la naissance de Jésus et auraient joué avec sa tête.

Ye gena Shewata

Ye feres gugis : dans certains lieux de la région Amhara (les alentours de la ville de Débré Tabor au sud-est de Gondar, ou dans la zone Awi au sud-ouest de Bahar Dar) des cavaliers et leurs chevaux revêtus de tissus colorés pour l’occasion vont, après avoir escortés les Tabots de Saint Michel, pratiquent un jeu appelé ye feres (chevaux) gugis (course). Le jeu se joue sur un grand espace près d’un village.

Deux cavaliers d’aptitude égale vont s’affronter. L’un tient un bouclier (en amharique gasha) et l’autre un ou deux axes en bois (en amharique zeng) qui seront utilisés comme des lances. Il y a deux phases de jeu. Lors de la première, la règle consiste à ce que le cavalier détenteur des axes frappe plusieurs fois le bouclier de l’autre cavalier. Pour la seconde phase, les deux cavaliers échangent leur rôle et poursuivent la compétition. Celui qui frappera le plus souvent le bouclier de son adversaire avec les axes gagnera la compétition.  

Après le jeu, les cavaliers vont profiter de la fête en prenant un repas préparé par les résidents de la localité.

A la fin  de la journée, la célébration religieuse se termine avec la bénédiction des anciens et des prêtres.

Cavalier en zone Awi

participer à la fête de Timkat :

Les trois lieux historiques pour célébrer Timkat sont :

Gondar : C’est là où la foule des fidèles est la plus importante. Plus d’un million d’éthiopiens ont participé à la fête à Gondar en janvier 2020. Les gens viennent de différents endroits du pays pour y participer. Le lieu est également important car célébré au bain ou bassin de Fasilidas, qui a fait construire un petit palais au 17e siècle et autour duquel un bassin fut creusé. Le bassin aurait été construite à l’endroit, où quand il chassait un buffle, lui fut révélé le lieu où établir sa capitale. Il est aujourd'hui, rempli qu’au moment de la fête, en prélevant de l'eau depuis une rivière voisine, appelée Qaha. Celui-ci fut construit pour rebaptiser des milliers de personnes converties par des jésuites portugais lors du règne de son père Susenyos (1607-1632) et utiliser ensuite pour célébrer la fête de Timkat. Il fut converti en une église dédiée à Saint Fasiladas (ou Basilides, martyr égyptien du 2siecle), sous le règne de Salomon 2 (1777-1779).

Il y a huit Tabots qui sont placées durant la nuit à l’intérieur du palais, seuls cinq Tabots proviennent des églises situées dans l’enclos royal ou à proximité, ces derniers formeront une procession unique sur la place de Piassa, la place centrale de la ville avant de rejoindre la bassin.

Ces églises sont:

  • L’église Medhane alem
  • L’église Atatami Kidus Michael
  • L’église Elifign Giorgis
  • L’église Tekle Haymanot
  • L’église Fit Michael

Il y a 44 anciennes églises à Gondar. Dans l’une d’entre elles, Baeta LeMariam (la présentation de Marie au temple), Timkat est encore l’affaire d’un jour, le Tabot sortant de l’église tôt le matin et rentrant dans l’après-midi. L’église de Lideta LeMariam (la naissance de Marie) quand à elle suit toujours la règle que le Tabot doit revenir le jour de la fête d’une autre direction que celle emprunter la veille pour rejoindre le baptistère.

Selon les prêtres locaux, la raison pour laquelle la fête de Timkat à Gondar est très considérée, ce serait due à apparition de Sainte-Marie à l’empereur Yostos (1711-1716) lors de la célébration de Timkat à l’église Lideta LeMariam.

Lalibela : La fête de Timkat de Lalibela est importante car historiquement c’est le second lieu saint d’Ethiopie après Axoum et que les Tabots sont placées dans les églises construites dans la roche lors du règne du roi Lalibela entre le 12e et le 13e siècle. La foule est beaucoup moins importante, elle est constituée principalement de locaux. La procession de la ville de Lalibela compte douze Tabots. La particularité est dans la procession de retour des Tabots le 19 janvier, il y a 7 arrêts sur le trajet retour (toujours un chiffre symbolique: les 7 cieux, les 7 principaux miracles du Christ) où les chantres vont chanter et danser (programme de circuit avec la fête à Lalibela en fin de page).

Axoum : La ville d’Axoum est le premier lieu saint du pays. Les rois axoumites Abreha et Astbeha y ont fait construire l’église de Sainte Marie de Sion au 4e siècle de notre ère. C’est l’église mère de l’église orthodoxe éthiopienne. Les Tabots passent la nuit dans l’enceinte de l’église d’Abouna Aragawi (saint venu de Syrie au 5e/6e siècle de notre ère ; Abouna mot d'origine araméenne qui signifie notre père, titre donné aujourd’hui aux évêques et au patriarche de l’église), à proximité de laquelle se trouve le réservoir où aura lieu la bénédiction de l’eau. Le réservoir dont le pourtour a été bétonné au 20e siècle daterait de l’époque où la ville fut fondée, au 1er siècle de notre ère. Il a plusieurs noms, le bain de la reine de Saba (qui aurait régner depuis la région d’Axoum au 10e siècle avant la naissance du Christ) ou Mai Shum (signifiant l’eau du chef en tigréen, la langue de la région du Tigré; Mai: l'eau; Shum: le chef). 

Le lac Ziway, à 163 km au sud d'Addis Abeba :  sur le lac, il y a cinq îles abritant chacune une église. Sur la plus grande île, appelée Tulu Guddu (la grande, Guddu montagne, Tullu, en langue oromo) et également connue sous le nom de Débré Sion, se trouvait une église  l'arche d'alliance aurait été sauvegardée durant 70 ans, au 10e siècle de notre ère, après la conquête de la ville d’Axoum par une reine appelée Gudit. La particularité de la fête est que, les Tabots sont transportés par bateau jusqu’à la berge du lac pour y passer la nuit.

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